La Symbiocracie™ des données sous l’angle de la pensée de Pierre Teilhard de Chardin
La rencontre entre Teilhard et ce sujet est peut-être la plus naturelle de toutes, car Teilhard est, avant tout, le penseur de la complexification croissante du monde comme chemin vers une conscience supérieure.
La noosphère anticipée
Teilhard avait forgé, dès les années 1920-1940, le concept de noosphère, cette couche de pensée et de relations qui enveloppe la Terre comme une pellicule vivante, distincte de la biosphère.
Il voyait l’humanité en train de tisser, par ses connexions intellectuelles, spirituelles et techniques, une véritable membrane pensante à l’échelle planétaire.
Devant l’internet des données, il aurait dit simplement : voilà ce que j’avais pressenti. Pour lui, chaque donnée partagée, chaque lien entre systèmes, serait un nouveau fil dans ce tissu noosphérique.
La loi de complexité-conscience
Sa loi fondamentale est claire : plus un système gagne en complexité organisée, plus il monte en conscience.
La gouvernance Symbiocratique™ des données serait donc, à ses yeux, un signe d’évolution authentique à condition qu’elle tende vers l’unification et non vers la fragmentation.
Il distinguerait une “bonne » complexification (celle qui relie tout en respectant chaque singularité que nous retrouvons également dans un autre domaine, qui est celui de C.G.Jung avec son principe d’individuation) d’une « mauvaise » (qui additionne sans intégrer).
L’avertissement de la termitière
Mais Teilhard n’était pas naïf. Sa mise en garde la plus puissante et la plus actuelle est celle de la *termitière* : une société hypercollaborative, hypercommunicante, où chaque individu est connecté à tout… mais où la personne s’est dissoute dans la masse de peur d’être lui-même avec ses talents spécifiques.
Pour lui, la vraie unification différencie : elle rend chaque être plus lui-même, plus unique, en le reliant aux autres.
Une symbiocracie des données qui standardise, nivèle ou surveille ne serait pas une noosphère, ce serait une régression.
La symbiocratie comme méthode et règle de fonctionnement de DEMS-Nixus répond donc bien à se développement de conscience et de capacités des humains et des organisations.
Le critère ultime : l’amour comme énergie radiale
Teilhard distinguait deux types d’énergie dans l’évolution : l’énergie tangentielle (physique, technique, mécanique) et l’énergie radiale (spirituelle, orientée vers la complexité et la conscience).
Une gouvernance des données peut mobiliser une énergie tangentielle considérable, des algorithmes, des serveurs, des protocoles,
mais si elle ne porte pas aussi une énergie radiale, elle tournera en rond.
Cette énergie radiale, Teilhard l’identifiait à l’amour : la force qui fait que l’union Symbiocratique™ enrichit plutôt qu’elle n’absorbe.
Son verdict final sur la symbiocracie serait donc d’une exigence radicale : gouverner les données est un acte cosmique, pas seulement technique, à la condition de savoir vers quoi l’on oriente le monde.


