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La guerre des data n’est pas finie… partie 2 /3

La guerre des data n’est pas finie


PARTIE 2 SUR 3

Pourquoi l’innovation française et les alternatives sont ignorées

V. Le sort des inventeurs français

Cerveaux et brevets sacrifiés

De brillants cerveaux français furent ignorés, rejetés, embauchés à prix d’or par les Américains, ou ont même disparu…

Des inventions françaises ont été étouffées, tuées dans l’œuf, ou achetées.

Achetées par qui ? Par les États-Unis…

Et cela ne pouvait pas être les Soviétiques, puisque le narratif avait fait d’eux l’ennemi public numéro un… Belle stratégie de communication, n’est-ce pas ?

Pourquoi la France snobe ses propres inventions

Nul n’est prophète en son pays ! Alors le génie français doit trop souvent traverser l’Atlantique, changer d’accent, parfois de nationalité, pour qu’on daigne enfin l’écouter chez lui.

Pourquoi ? Parce que, généralement, les Français commencent par dire : « Si c’était si performant, cela se saurait ! »

Oui, mais c’est nouveau, innovant… il faut donc du temps pour être connu, reconnu.

Et le client potentiel se replie vers la technologie qu’il connaît, même si les bugs sont là, même si la facture est douloureuse.

C’est exactement la même chose aujourd’hui !

La France finance des créations technologiques extraordinaires, puis elle les pose dans une vitrine, se glorifie de ce génie et laisse les autres nations les exploiter et en tirer les bénéfices.

Les Français ont un vrai problème avec l’argent. Ils aiment la gloire, les décorations, les parades, mais gagner de l’argent ?

Le rôle des influenceurs

Les entreprises européennes, notamment suisses et françaises, sont équipées essentiellement de technologies étrangères.

Des influenceurs et autres « experts », financés en grande partie par les grandes compagnies technologiques, ne font que vanter les mérites de technologies qu’ils n’ont jamais désossées et auxquelles, souvent, ils ne comprennent pas grand-chose. Et ceci est fait pour qu’aucun concurrent ni inventeur génial ne vienne perturber le cours des choses.

Je n’ai jamais vu un influenceur ou un journaliste prétendant être expert en IA interviewer un inventeur génial, ni même lui poser des questions pertinentes sur la technologie.

VI. Le verrouillage légal : le Cloud Act

La communication est verrouillée, les esprits sont formatés, les lois sont mises en place notamment le Cloud Act, qui permet aux autorités des États-Unis de forcer les entreprises technologiques basées aux États-Unis à livrer des données personnelles, même lorsque ces données se trouvent sur des serveurs situés en dehors des États-Unis.

Bienvenue dans l’enfer des data !

Vos fournisseurs sont américains ? Alors vous êtes soumis au Cloud Act !

Plus rien de vos data ne vous appartient !

Vous avez laissé entrer un cow-boy dans votre salon !

Dommage !

VII. Les inventeurs de l’ombre

Des pépites invisibles

Pendant ce temps, des inventeurs de génie, issus de différentes origines et universités, travaillent à concevoir des technologies souveraines, totalement cyber-sécurisées des technologies particulières, innovantes, qui fonctionnent différemment des autres, à moindre coût.

Seulement voilà : comme je l’expliquais précédemment, ces technologies ne sont pas marketées, mises en scène, et donc, aux yeux de ceux qui croient savoir, elles ne valent rien.

Et aux yeux de ceux qui ne les comprennent pas, elles sont repoussées, excommuniées !

Nous sommes dans un monde d’images, de mise en scène, de paraître, et les produits, même géniaux, ne brillent pas s’ils ne disposent pas de capitaux importants pour la mise en scène.

Le talent seul ne suffit pas

De plus, pour avoir travaillé avec des inventeurs et des chercheurs, je peux dire qu’il n’est pas rare que ces personnes, remarquablement brillantes dans leur domaine, soient en fait totalement incompétentes pour communiquer, pour négocier, pour vendre, pour donner envie, pour attirer les clients… parfois même bien au contraire !

Elles aiment parler de leur création, parler de leur parcours ; elles ont besoin d’écoute, de reconnaissance, d’applaudissements. Parfois même, elles sont hautaines, dédaigneuses, et le non-verbal qu’elles envoient, consciemment ou non, à leurs interlocuteurs est désastreux, catastrophique.

Car rares sont les directeurs, managers, PDG, qui ont l’intelligence d’accueillir ces personnalités en connaissance de cause pour en tirer la substantifique énergie et créativité qui va leur faire faire un bond en avant.

Ces inventeurs, ces créateurs, ont souvent travaillé quinze, vingt, trente ans pour aboutir à leur découverte. Ils sont souvent habités par un sentiment de revanche.

Ils veulent être applaudis, reconnus, invités, et devenir riches !

Le monde de l’entreprise raisonne en résultats : il n’est pas là pour offrir des fleurs, applaudir ou féliciter un inventeur qui a fait une découverte magnifique. Dans l’entreprise, ce que les gens veulent, c’est du résultat ; ils veulent qu’on leur parle de résultats — et souvent, eux aussi aiment qu’on les félicite et qu’on les applaudisse.

De ce fait, la confrontation des ego aboutit souvent à un rejet des uns et des autres, au lieu d’aboutir à une mise en symbiose des talents qui permettrait la création de valeur, de richesse humaine et matérielle.

Un violoniste virtuose, seul sur scène, ne fait pas un orchestre. Il faut un chef, une partition partagée, et l’humilité de jouer parfois moins fort pour que l’ensemble résonne.

Vers un management symbiocratique — mon quart d’heure égotrip

Travailler de façon symbiocratique : une méthode que j’ai créée et que j’enseigne depuis plus de quatorze ans.

Et aujourd’hui, ô miracle, McKinsey explique que le management doit être symbiotique !

Il leur reste désormais à tenter de créer l’IA Symbiocratique pour faire, éventuellement, mieux que nous.

J’avais quatorze ans d’avance, et je n’étais pas McKinsey… Voici donc pourquoi les plus belles inventions finiront par coûter dix fois leur prix aux entreprises : parce que les mastodontes les achèteront et les feront payer très cher.

Alors que, si les entreprises étaient intelligentes, elles travailleraient en symbiose pour exploiter des innovations qui les feraient progresser.

VIII. « Nous n’avions pas le choix » : l’excuse qui tue

Une excuse qui masque l’incompétence

Je vois souvent passer, sur les réseaux sociaux, des publications de gens qui disent : « Nous sommes équipés avec telle technologie parce que nous n’avions pas le choix. »

Cette seule excuse devrait suffire à licencier la personne qui a osé la formuler.

Dire « nous n’avions pas le choix », c’est l’autruche peureuse et victime qui plonge la tête dans le sable, convaincue que le danger, parce qu’elle ne le voit plus, a cessé d’exister.

Considérer qu’on n’a pas le choix, c’est entrer dans une stratégie de victime et de perdant.

Cela signifie ne pas avoir les compétences pour réunir, autour de la table, créateurs, chercheurs et inventeurs capables de répondre intelligemment aux besoins de l’entreprise.

Oser dire qu’on n’a pas le choix, c’est se soumettre à des technologies dont on sait aujourd’hui qu’elles sont, en réalité, de vraies passoires — un vrai danger pour la gestion des data.

Le vrai coût du renoncement

Il va donc falloir que beaucoup d’organisations publiques et privées cessent de tomber dans le piège de la fuite des data, et surtout du braquage de leurs data, pour comprendre qu’elles peuvent disposer, immédiatement, d’un grand nombre de ressources de très haut niveau, afin de ne plus jamais vivre ce genre de situation.

Si toutefois il n’est pas déjà trop tard !

Le braquage des data n’est donc pas un phénomène nouveau. Il s’agit d’un braquage calculé, étudié minutieusement pendant de nombreuses années, pour détruire l’économie des pays.

Comme dans beaucoup de situations, il faudra de nombreuses victimes et des millions, si ce n’est des milliards de pertes, pour que certains dirigeants comprennent qu’il leur faut regarder ailleurs pour trouver des solutions beaucoup plus efficaces.

Certains dirigeants vont devoir, parfois, licencier leur conseiller, voire leur collaborateur direct, soi-disant expert en la matière, si ce dernier n’a pour seule réponse que : « On n’a pas le choix ».

On a toujours le choix : celui d’être un innovateur, un leader, quelqu’un qui ose — ou un lâche, un faible, un mauvais suiveur, voire un traître à son organisation, un corrompu du cerveau ou du portefeuille.