LE CONCILE de la tech
Pour le plaisir d’être hérétique
Évangile selon Cassandre
évangile (du grec euangelion) signifie littéralement une « bonne nouvelle »
Chapitre 1
Les grands prêtres, les disciples et les fidèles
Certaines marques, certains logiciels, certaines technologies se sont érigés en religion depuis plusieurs dizaines d’années. Toute-puissante. Laissant croire qu’eux seuls détiennent la vérité.
Avec un marketing remarquablement bien rodé, ils ont transformé leurs mathématiques en calcul soi-disant savant, leur calcul pseudo-savant en algorithme subtil, leur algorithme en science, et leur science en religion. Une ascension méthodique, étape par étape, jusqu’au dogme.
Comme au petit et au grand séminaire, ils ont formé des grands prêtres. Ils les ont répartis sur tous les territoires pour qu’ils forment eux-mêmes d’autres disciples.
Disciples qu’ils ont placé ensuite dans des cellules ciblées : les entreprises.
Chaque certification est une ordination. Chaque formation est un catéchisme. Chaque déploiement est une conquête de paroisse.

Cette religion, portée par une communication quasi biblique, a pris une place insensée dans l’esprit, dans le cœur et dans le mental des femmes et des hommes désormais chargés d’appliquer, de gérer, de contrôler et de diffuser cette technologie. Je ne nommerai pas ces marques et ces produits. Vous les reconnaissez sans aucun problème.
Cette religion, qui, évidemment, n’en est pas une, s’est érigée comme telle. Avec une conséquence directe : toute nouvelle technologie, toute nouvelle croyance, toute nouvelle façon de penser ou de faire qui la remettrait en cause devient hérétique.
Hérétique, vous dis-je !
Car que deviendraient tous les grands prêtres et tous les disciples si ces nouvelles technologies entraînaient de nouvelles croyances, de nouvelles façons de penser et de faire ?
Que deviendraient les fidèles soumis à cette théocratie, qui, avec les grands prêtres et les disciples, forment cet impérialisme religieux ?
Ce portrait est caricatural. Il n’est pourtant pas loin d’une certaine réalité.
Chapitre 2
La guerre des sciences, le bûcher métaphorique
Nous sommes à l’heure d’un grand basculement. Les croyances, les convictions, les technologies et certains marchés financiers vont s’écrouler.

À l’heure où les Copernic de la nouvelle ère, les Galilée de l’an 2040, les Einstein du Nouveau Monde, les Wegener inconnus, les Turing rejetés sont en train de tout chambouler, la vieille science reste drapée dans ses certitudes.
Dans les temps nouveaux où nous sommes, un nouveau credo prend corps.
Il n’y aura besoin ni d’un concile de Nicée ni d’un empereur romain à la mode de Constantin pour imposer une nouvelle sémantique. Cette fois, cela se fera sans eux, et contre eux.
Nous pouvons comparer la période actuelle à une guerre de religion technologique, puisque la science s’érige en religion.
La vieille science, l’ancienne science, veut évidemment continuer à dominer. Elle est obligée d’engager une guerre.
Les hérétiques, les innovateurs, seront soumis par la force ou par l’argent, par la cupidité. Ces anciennes religions ont formé des grands prêtres et des disciples, elles sont très fortement implantées.
C’est donc un rapport de pouvoir et un rapport d’argent qui décide aujourd’hui.
Toute nouvelle technologie est immédiatement bafouée, condamnée, mise au bûcher, traduite devant le tribunal des hérétiques, repoussée, détruite.
Les guerres de religion se sont jouées entre catholiques et protestants, à travers les croisades. Aujourd’hui, elles se rejouent entre l’ancienne science et la nouvelle, entre ceux qui possèdent les clefs du temple et ceux qui osent en construire un autre à côté.
Chapitre 3
L’effondrement des empires
Les vieilles sciences qui se battent pour ne pas mourir devront évoluer, ou disparaître.
La religion qui soubresaute encore va connaître un effondrement comparable à la fin de l’Empire romain, à la chute des empereurs chinois, à la disparition de l’empire grec, à l’éradication de l’Égypte antique, à l’effacement du royaume d’Éthiopie.
Pourquoi ?
Parce que la puissance scientifique des pays émergents apporte de nouvelles sciences, et donc de nouvelles croyances. Une nouvelle religion, en somme.
Pour l’instant, on nous impose un discours de peur et de haine vis-à-vis de ces nouvelles puissances.
C’est normal : les vieilles religions, les vieilles sciences, ont compris qu’elles vont disparaître. Nous sommes à la fin d’un temps et au début d’un autre.
Et l’homme, ayant besoin de croire, ne peut que haïr les nouvelles sciences, les nouvelles croyances, qui le confrontent à lui-même et lui laissent penser qu’il a tort.
Ce que nous voyons est pathétique. L’Occident, et notamment l’Europe, joue les grandes gueules et les musclés de comptoir. Il s’illusionne, croyant qu’en imposant sa force, il gagnera. L’enjeu n’est pourtant pas dans le muscle, mais dans la finesse et la subtilité, dans les valeurs et le respect de l’être.
Les empires qui tombent sont toujours ceux qui ont confondu la force avec la puissance de la culture.
Chapitre 4
La renaissance
La nouvelle ère est dans l’ouverture, la culture, la connaissance, l’écoute, la compréhension.
Elle est dans l’acceptation que, dans un monde en plein changement, des idées et des techniques nouvelles viennent nous aider, et non nous menacer.

C’est l’acceptation que nos habitudes, nos références, ne sont plus des sources de succès. C’est l’acceptation que nous devons nous remettre en cause, changer de comportement, changer de discours, changer nos modes relationnels. À défaut, nous connaîtrons les guerres technologiques, comme il y eut en d’autres temps des guerres de religion.
Seuls les esprits ouverts, allumés, illuminés, comprendront que ces nouvelles sciences apportent une forme de saut quantique.
Gagner du temps, gagner de l’argent, gagner en présence. L’histoire se répète, mais elle ne récompense jamais les mêmes.
Les nouvelles sciences, les nouvelles technologies, vont permettre à ceux qui osent, de franchir le gap aujourd’hui invisible et ostracisé, et de prendre des longueurs d’avance.
Ce sera comme à chaque fin d’empire : il y aura ceux qui, ayant compris, profiteront de la situation, et ceux qui crieront au loup et se feront dévorer par ceux-là mêmes qu’ils vilipendent.
Les vainqueurs de demain sont inconnus aujourd’hui. Ils ne portent pas encore de nom, comme Copernic avant ses livres, comme Turing avant qu’on ne le reconnaisse. Le monde nouveau qui vient ne se construira pas sur la peur, mais sur des valeurs humanistes retrouvées : l’ouverture, le respect, l’écoute. Et ce sont précisément ces valeurs-là qui, demain, généreront des milliards.
Ceux qui ne comprennent pas sont des proies courtisées. Le dépeçage a déjà commencé.
Pour réalier un pilote et découvrir une nouvelle ère libre et performante

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